Cinéfix lauréat "magazine culturel 2008"

Ce mardi le 17 juin 2008, l'émission Cinéfix a remporté le prix du meilleur magazine culturel 2008 au gala des producteurs de CIBL Radio-Montréal. Julie Pinsonneault, chroniqueuse à l'émission, s'est mérité le prix de la meilleure chroniqueuse 2008. 

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Merci à nos auditeurs et partenaires d'avoir contribué au succès de notre émission.

Marianne Villeneuve, animatrice et réalisatrice
Cinéfix, le jeudi 18h sur les ondes de CIBL Radio-Montréal 101,5 FM

Une cinéaste qui vous veut du bien ?

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Le monde selon Monsanto: cette semaine-là, c'est le documentaire dont tout le monde parle. La documentariste Marie-Monique Robin y accumule les arguments contre la multinationale de l'agriculture. Séduits par la formule dénonciatrice, les médias montréalais encensent ce film. Je me rends à la projection, et tout dans la forme du film me déplait.

Du documentaire sans saveur

Le film n'a pas de rythme, pas de souffle. D'abord, tous les chapitres débutent par le même plan de la cinéaste assise en face de son ordinateur, inscrivant les termes de sa recherche sur Google. Google, multinationale de la recherche. Grand canal de l'information de masse. Aspirant à la classification de tous les champs de recherche possibles. Il est rare qu'un journaliste revendique Google comme principale source d'information. Si c'est le cas, il s'efforce à tout le moins de solidifier sa recherche en citant d'autres sources écrites.

Après sa recherche sur Internet, Mme Robin se rend sur le terrain pour rencontrer les intervenants. Or, même si les produits Monsanto sont achetés et utilisés partout dans le monde, la cinéaste ne choisit que des intervenants du monde anglo-saxon (quasi tous américains). Quand on sait que, par exemple, les BPC on fait leurs ravages notamment dans la province de Québec, on pense immédiatement qu'à expérience égale, elle aurait pu rencontrer quelques intervenants au nord de la frontière étasunienne. Ça se fait couramment dans la pratique journalistique: choisir ses témoins en fonction d'une préférence linguistique justifiée par le média. Or, au montage, Mme Robin garde les témoignages en anglais en superposant le doublage français, comme dans une infopub. Très irritant, surtout pour l'audience québécoise, bilingue et encline à comprendre les deux voix juxtaposées.

Finalement, on nous impose un enchaînement de mornes cadrages de témoignages filmés, qui s'adressent à l'intervieweuse en hors-champ. Lassant. Dépourvu de charme. Pour laisser toute la place aux arguments des intervenants, la cinéaste s'efface devant les témoins, se défile face à la caméra, et s'obstine à laisser celle-ci sur le trépied, refusant par le fait même de la tenir pour en faire quelque chose d'intéressant, en l'occurrence, produire un discours qui lui soit propre.

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Image: ONF

Et l'ONF dans tout ça ?

Le monde selon Monsanto est une coproduction franco-canadienne dont plusieurs compagnies endossent la production : Image & Compagnie, Productions Thalie, ARTE, WDR. Mais ici, il est présenté et promu d’abord comme un film de l’ONF. Ce qui lui vaut d’attirer le public qui aime et respecte le producteur national (j’en suis). Après la projection, j’étais déçue que l’on ait voulu mettre sur un pied d’égalité ce reportage même indigne d’être diffusé à Découvertes avec, par exemple, le récent long-métrage documentaire de Denys Desjardins, Au pays des colons, une œuvre poétique et intelligente. C’est à ce genre d’œuvre que l’on pense lorsque l’on lit le mandat de l'ONF, rédigé en toutes lettres sur son site web: "Le mandat du Programme français de l’ONF est de soutenir l'essor d'un cinéma d'auteur d'expression française. Il produit et coproduit une diversité de formats et d'approches, plus particulièrement en documentaire et en animation d’œuvres uniques ainsi qu’en nouveaux médias.  Ses productions abordent les grands enjeux sociaux ou culturels qui rejoignent les francophones du Québec et du Canada." Or, dans Le monde selon Monsanto, le fait francophone n'est présent que via la plate narration de Marie-Monique Robin; si l'approche n'est pas celle d'une journaliste au fait des normes et pratiques de son métier, elle n'est pas celle, non plus, d'une auteure qui assume sa parole.

Récemment, j'ai pu revisiter, toujours grâce à Denys Desjardins et à son film Le direct avant la lettre, les principales innovations apportées par les pionniers de l'ONF: le désir de Jacques Giraldeau de rapprocher la caméra des gens, de les filmer dans les situations de la vie réelle, en pleine action; les efforts déployés par Michel Brault pour mettre en scène la réalité, pour extraire la photogénie des personnes et des paysages; le génie de Marcel Carrière en matière de prise de son directe, avant même que la technologie ne le permette. Pour ces hommes, il s'agissait d'inventer un langage, de réfléchir au mode d'expression tout en racontant des histoires. Leurs films sont passés à l'histoire. Parions que même si le public s'est rendu aux projections de Monsanto, on ne parlera pas très longtemps du film de Marie-Monique Robin.

Pour la suite du monde (épilogue, juillet 2008)

Ma suspicion à l’égard de l’ONF a été de courte durée. Lorsque j’ai présenté Le monde selon Monsanto à mes auditeurs, en mai dernier, j'ai souhaité tout haut qu'il se fasse d'avantage, à l'Office, d'œuvres comme celles que produisait alors Monique Simard aux Productions Virage. J'ai été exaucée un mois plus tard, lorsque Mme Simard a été nominée directrice générale du programme français de l'ONF. Un changement qui laisse espérer des jours meilleurs.

La loi du cosmétique

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Exte: Hair Extensions, Sion Sono, Japon, 2007 

À l’Affiche du Cinéma du Parc du 23 au 29 mai 2008 

Au pays du soleil levant, les rallonges de cheveux sont monnaie courante. Aussi, le réalisateur Sion Sono (Suicide club, Strange Circus) s’est étonné que ses contemporaines ne se formalisent pas que les mèches dont elles s’attifent aient autrefois appartenu à autrui. Voilà l’idée de départ du film. La poursuite du scénario est basée sur la croyance complètement fausse que les cheveux continuent de pousser après la mort. Ajoutons à cela l’omniprésence de l’esthétique et du cosmétique dans la société nippone, et l’on obtient les lignes de force de Exte : Hair extension.

Dans un container du port de Tokyo, des douanes découvrent plusieurs mètres cubes de cheveux humains. Au milieu de cette masse écœurante, un cadavre. Amené à la morgue, ce corps commence à révéler ses secrets enfouis. Ils ressortent en milliers de poils par tous les orifices de la jeune femme assassinée et vidée de ses organes. Yamazaki, le gardien de la morgue, s’entiche de cette morte aux qualités surnaturelles et l’enlève.

Yuko est shampouineuse dans un institut de coiffure. Elle tente tant bien que mal de faire son apprentissage au milieu de filles plus gâtées qu’elle. Comble de la malchance, elle hérite de la garde d’une enfant de huit ans, fille illégitime de sa sœur, une marâtre qui alimente l’horreur de l’intrigue à coup d’entrées fracassantes dans le domicile de Yuko. Hurlante, ivre et cruelle, elle massacre la demeure de sa cadette et terrorise ceux qui y habitent. La petite Mami terrorisée acquiesce à ses caprices, Yuko se révolte et la bannit du logement.

Pendant ce temps, les meurtrissures de la beauté cadavérique s’élargissent et éjectent des poils. Yamazaki en emprunte quelques uns pour les vendre sous forme de rallonge. Or, une fois qu’elles sont ficelées à la chevelure de ces dames, les mèches s’en prennent à elles. C’est ainsi que débutent les meurtres en série dans les salons de coiffure de Tokyo.

Des poils qui jaillissent des yeux et des oreilles des jouvencelles, qui leur entrent par la bouche, qui percent des plaies béantes aux endroits les plus blêmes de leur anatomie, qui les pendent au plafond en leur tirant la peau du crâne, les moyens employés par la masse pileuse pour liquider des jeunes filles sont nombreux et inventifs. Sion Sono ne manque pas d’inspiration visuelle pour exprimer le martyre traversé par les sacrifiées de la dictature de l’apparence. Vaporisateurs, peignes, ciseaux, accessoires, tout l’attirail du salon est détourné pour produire de fastes séances de tortures.

Au fil du récit, on en apprend d’avantage sur le gardien de la morgue, devenu geôlier de la défunte : il est captivé par la matière morte qui foisonne sur le crâne des femmes, mais méprise complètement leurs propriétaires. Il se plaît donc à observer la chevelure qui vampirise la femme, et exploite la colère et la tristesse qui accélèrent la croissance de ses poils. Les murs de son refuge se retrouvent bientôt recouverts par la toison. Il est entouré de matière morte, et jubile. Lors d’une escapade, il fera la connaissance des deux orphelines…

Exte est une œuvre sur l’héritage ambigu d’une société dans laquelle on transmet aux jeunes filles l’art de se faire belles. En leur montrant à dompter leur système capillaire, on apprend aux demoiselles à se soigner et se mettre en valeur, mais également à se discipliner, et ultimement, à s’infliger des souffrances consenties. Hair extensions est une terrifiante allégorie de l’implacable loi du cosmétique : dompter son apparence ou être condamnée à la laideur à perpétuité.

Marianne Villeneuve

Gardienne et messagère d'une culture à l'agonie

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Photo: vidéographe

À l'émission du 9 mai, Helen Doyle raconte l'héroïne de son dernier documentaire, Birlyant Ramzaeva, la chanteuse à l'accordéon exilée de Tchéchénie.

De Montréal à Paris

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Une conversation de Marianne Villeneuve avec Jeanne Crépeau sur son nouveau film, Suivre Catherine.

Madame Aldjéria

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Le vendredi 11 AVRIL, pour souligner l'ouverture du festival Vues d'Afrique, Marianne Villeneuve a offert aux auditeur de CIBL Radio-Montréal une critique du film Délice Paloma.

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© Les Films du Losange

La grande évasion

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Photo: Équinoxe

Une entrevue de Marianne Villeneuve avec la cinéaste Léa Pool pour la sortie de son film Maman est chez le coiffeur, scénarisé par Isabelle Hébert.

Le 26ème FIFA-Portraits de femmes

 

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Jeanne Moreau, côté cour, côté coeur

Production: ARTE
Josée Dayan, Pierre-André Boutang 

Agenda culturel oblige, il y a, au fil des ans, des traditions qui deviennent chères aux chroniqueurs culturels. En ce qui me concerne, je me fais à chaque année un plaisir de couvrir, aux environs du 8 mars, le Festival International des Films sur l'Art et la Journée Mondiale de la Femme. Quel plaisir d'honorer à la fois l'Art (le septième, plus particulièrement), et les femmes qui l'ont traversé, transformé et vécu. Cette année ne fera pas exception. Cette 26ème édition du FIFA nous offre, notamment, des portraits d'actrices: Jeanne Moreau- Côté cour, côté coeur et Arletty, lady Paname. En cette année qui célèbre le centenaire de sa naissance, on pourra redécouvrir Castor dans Simone de Beauvoir, une femme actuelle. Mentionnons aussi des biographies filmées de Germaine Dulac, Louise Bourgeois et les autoportraits de Vidéofemmes. Une édition très prometteuse, couverte pour vous dans notre édition du 7 mars, 20h, sur les ondes de CIBL Radio-Montréal.

Adagio pour un gars de bicycle

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Rencontre avec Pascale Ferland, qui a passé cinq ans à filmer René Bail, le regretté réalisateur du film Les désoeuvrés, un chef-d'oeuvre méconnu de 1959 qui inspirera Claude Jutra et Gilles Carle. C'est cette semaine que prend l'affiche le portrait du réalisateur dont la vie prendra un tour tragique suite à un accident de moto survenu en 1972.

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Photo: Qui vivra verra films

 Lors de sa présentation en clôture des 26ème Rendez-vous du Cinéma Québécois, Adagio pour un gars de bicycle a été ovationné. Le portrait de cet homme génial et brûlé vif a atteint le coeur du public et a révélé au monde une âme intègre et avide de beauté.

Le film prendra l'affiche du Cinéma Parallèle du complexe Ex-centris ce vendredi 29 février.

Les témoins

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Photo: Mongrel Médias

Michel Blanc, interprète d'un film d'André Téchiné se déroulant à l'époque de l'explosion de l'épidémie de SIDA, dans la France des années 80.