La chronique du 23 juillet 2008 porte sur Michel Hellman, illustrateur et auteur du blog dessiné lifeinapanel.blogspot.com (voir l'image plus bas, à titre d'exemple). Son rêve? Dessiner plus vite pour rendre davantage des choses cocasses qu'il remarque tous les jours.
La chronique commence avec un "Gare au gori-i-i-i-ille" de Brassens, choisi avec humour par Michel Hellman qui se représente, dans son blog, sous les traits d'un ours. Pourquoi? Il explique que le choix a été plutôt spontané et a permis de mettre fin aux questionnements du type: "Suis-je en train de me représenter trop beau? Trop laid?" Selon lui, il ne faut pas voir dans cette décision quelque concept théorique vaseux. Au contraire, j'explique que l'ours serait l'affirmation de la simplicité et du tangible, un pied de nez à l'évanescence pratique de l'observateur (dont la personnalité peut être étirée jusqu'à devenir un paysage flou filtrant le réel) ou à celle de l'analyste qui cache sa subjectivité derrière les lunettes de plastique à gros nez de l'Institution ou de l'objectivité.
Mes propos intellectuels ne sont pas gratuits. Michel Hellman a étudié l'art contemporain et est critique pour Le Devoir. Il déplore l'hermétisme convenu de certains, en art contemporain: par "contemporain", on prédisposerait plutôt à l'ouverture au monde actuel, à la société, au public en général. La bande dessinée, selon Michel Hellman, sert de pont, accueille les amateurs comme les connaisseurs et permet la transmission de messages qui passeraient plus difficilement si un support plus conservateur était utilisé (ex: Persépolis).
J'ai demandé à Michel Hellman s'il n'était pas devenu esclave de son blog, à l'instar de Conan Doyle (Sherlock Holmes) ou de Maurice Leblanc (Arsène Lupin)? Michel Hellman considère le blog comme un travail - une vocation, dirais-je, par le plaisir et l'énergie qu'il y met - et a à coeur ses lecteurs. Il remercie tous ceux qui lui envoient des commentaires et lui permettent ainsi de sentir la portée de ce qu'il voit, puis dessine du monde.
Je parle de monde… le terme "environnement" serait plus juste, En effet, Michel Hellman, Montréalais du Mile-End, ne dessine pas les aventures d'un personnage à des kilomètres de lui. Il rend compte, avec humour, de ce qu'il vit et s'il met en images une histoire qu'il a entendue autour d'un feu, il la raconte en provenance de la bouche même du conteur. Par exemple, ci-bas, plutôt qu'un "voyage au centre de la terre", le voici qui fait ressortir l'extraordinaire de l'infiniment normal, dans son "périple au parc de la Vérendrye", en compagnie de sa copine Mélisande.

Amoureuse des belles dynamiques humaines, je n'ai pas pu résister à inviter, à l'entrevue avec l'auteur, Mélisande, ladite conjointe et l'un des personnages récurrents du blog. Qu'est-ce que cela fait d'être un personnage de blog, ai-je demandé à la sympathique blonde? "Flatteur… dit-elle, et un peu effrayant", puisque si elle peut critiquer après coup le blog de Michel, elle n'a pas droit de regard pendant la création. La censure, non merci. La critique, cependant,, Michel Hellman l'accueille et le fait sérieusement. Cela dit, que ses amis se rassurent… le trop intime, Michel Hellman le garde pour les pages secrètes de son propre journal: il souhaite divertir, amuser, égayer et respecte ce qui a trait à sa vie privée et à celle de ses pairs.
Pour plus d'informations: lifeinapanel.blogspot.com